_______. . . . . . . . . . . . . . . . . CHAPITRE UN__Le froid paralysait presque toutes les parties non-couvertes de mon corps. Et même si seuls mes doigts et une partie de mon visage était laissé à l'air libre, je pouvais sentir cette saloperie de température glaciale jusqu'au fond de mes chaussettes. Les frissons ne cessaient pas, à mon plus grand désespoir. Emmitouflé dans une écharpe bon marché et un manteau plus vieux que moi, du moins, je pensais, je marchais avec assurance dans ces rues familières, ensevelies sous une couche de neige plus qu'épaisse. Celle-ci rendait mon parcours, tout de même, plus complexe. Je passais devant un bar bondé, où de nombreux hommes braillaient, trinquant avec leurs énormes chopes de bières. Je croisai une femme poussant difficilement une poussette. Une fois passée, je tournai la tête, affichant un sourire sur mon visage pourtant paralysé par le froid. Ce n'était pas cette femme qui m'avait fait sourire, ni tourner la tête, non. C'était la poussette et plus particulièrement le petit être assis dedans, perdu parmi les couvertures, écharpes et gants. Pourquoi tourner le regard sur un enfant ?
__Je fus sorti de mes pensées par un flocon qui m'avait fouetté le visage. Je levai les yeux vers le ciel, dont les immenses nuages gris crachaient de la neige. Je lâchai un juron et tournai à l'angle de deux rues. Je couru m'abriter sous l'auvent d'un hôtel. Je posai mes mains sur ma bouche et soufflai, afin de me réchauffer.
888- Monsieur, vous ne pouvez pas rester ici, m'indiqua le portier, tout aussi frigorifié que je ne l'étais.
888- C'est bon, je m'en vais... dis-je, en soupirant.
__Je quittai l'auvent et me retrouvai à nouveau sous la neige. Je fouillai dans la poche intérieure de mon manteau et en sorti un petit calepin jaune clair. Je tournai quelques pages et trouvai enfin ce que je cherchais, une adresse. « Embranchement 51ème et Road St. Petite rue, entre le 234 et le 236. 21 heures. » Je regardai ma montre. 20 heures 53. Je continuai mon chemin, cherchant les panneaux qui m'indiqueraient enfin l'endroit où mon rendez-vous était prévu. Après quelques minutes, je trouvai enfin ce maudit embranchement. Je cherchai le numéro 234 et le dénichai. Une étroite rue séparait les deux numéros. Elle était tellement sombre qu'on ne voyait pas le fond. On peut dire que la neige n'aidait pas non plus. Je pénétrai dans l'allée sombre, je n'étais pas vraiment à l'aise. J'entendis un toussotement et je sursautai, surpris.
888- Ah ! Enfin vous êtes là, dit une voix grave.
__Je tournai la tête et vis un ombre, éclairée seulement par la Lune. Elle aussi fumait. Je m'approchai, tout de même craintif. A quelques centimètres de cette personne, je pus enfin distinguer son visage. C'était un homme d'une cinquantaine d'année environ. Ses traits étaient chaleureux mais agressés par la froideur de la nuit. Il portait un grand anorak beige, lui tombant aux genoux. Il tenait dans sa main droite une mallette en cuir noir.
888- C'est vous... le Faucon ? demanda l'homme.
888- Hum... Ouais, c'est moi, répondis-je, gêné.
888- Eh bien, vous auriez pu trouver mieux comme nom de code, dit-il en éclatant d'un rire rauque.
888- Ouais... Bon, vous voulez de la cam oui ou non ? questionnai-je, agacé et impatient.
888- Eh, du calme, mon grand. Tu as quel âge ? Vu ton visage, je dirais que tu n'es pas plus vieux que mon fils. Il a dix neuf 8888- ans, un grand gaillard, dit-il, fier.
888- J'ai... j'ai vingt an, monsieur.
888- Un peu jeune pour vendre de la cam, tu n'es pas d'accord ? Un peu trop jeune je dirais même. Tu ne fais pas ça par 8888- plaisir, n'est-ce-pas ?
888- Non, monsieur. Excusez-moi, mais je dois vraiment y aller. Vous avez le fric ?
888- Oui, bien sûr. Combien cela fera-t-il ?
888- Pour ce que nous avion prévu, ça fera trois cent cinquante dollars, dis-je, en plongeant la main dans ma poche gauche.
__L'homme souleva sa mallette et l'ouvrit, la tenant sur son bras gauche. Il fouilla parmi de nombreux papiers et en sorti enfin une liasse de billets verts. Je m'approchai de lui et tendis ma main. Il saisit le petit sachet de poudre blanche. En échange, comme convenu, il me donna le paquet de billets verts.
888- Dis donc, mon gars, tu vises dans les prix de géants, ajouta-t-il, rieur.
888- C'est de la bonne qualité.
888- Tant mieux. Allez, rentre chez toi.
__Il porta sa cigarette à ses lèvres et en tira une longue bouffée. Je fis quelques pas en arrière et quittai enfin cette rue glauque. J'inspirai un grand coup et soufflai, laissant échapper un jet de vapeur qui s'éleva dans l'air. Je plongeai mes mains dans mes poches et reprenait ma marche à travers la ville. La neige cessait enfin de tomber sur les gratte-ciel de New York.
_______. . . . . . . . . . . . . . . . . CINQ COMMENTAIRES EXPRESSIFS POUR ÊTRE PREVENU(E).